L’ HYPOTHEQUE RECHARGEABLE
"Un prêt immobilier, nouveau et libre"
3/ Du point de vue des consommateurs et des banques
3-1 Du point de vue des consommateurs
En premier lieu, on notera que les consommateurs sont gagnants au regard de la baisse de tarif généralisé qui s’est opéré sur quasi tous les modes de garanties. Selon les estimations, le gain des emprunteurs pourrait être en 2007 de 590 à 650 millions d’euros ! Ensuite, nous distinguerons le consommateur qui « recharge » pour obtenir un nouveau crédit immobilier ou en rapport (travaux), de celui qui sollicite un crédit à la consommation.
3-1-1 Pour l’obtention d’un crédit immobilier
Il est vraisemblable qu’il sera moins coûteux de souscrire un nouveau crédit immobilier ou travaux garanti par la capacité de recharge de son hypothèque initiale que d’inscrire une hypothèque de second rang et de s’acquitter des frais de mainlevée.
3-1-2 Pour l’obtention d’un crédit à la consommation
Le principal danger réside dans la disproportion entre la valeur de l’objet financé et celle du bien hypothéqué. Risque également de voir se multiplier le nombre de ménages surendettés ; risque assez relatif considérant que les demandes de nouveaux crédits, en s’appuyant sur l’hypothèque, seront examinées selon les mêmes critères d’endettement que lors de n’importe quelles autres demandes. Si la loi donne au banquier la faculté de « recharger » l’hypothèque, elle le laisse seul juge de l’opportunité de prêter et c’est heureux…
3-2 Du point de vue des banques
Toutes les banques n’ont pas proposé ce produit. Sans surprise, les enseignes réceptives sont celles par ailleurs spécialisées dans le crédit immobilier comme le Crédit Foncier ou l’UCB, le réseau des Caisses d’Epargne et le Crédit immobilier de France. Pour les autres rien n’est fait.
Les établissements moins spécialisés dans le crédit immobilier préfèrent faire du placement plutôt que du crédit : le prêt est un produit qui demande beaucoup de temps, des équipes bien formées à l’expertise immobilière, et s’il n’est pas accompagné d’une consommation de produits dérivés ou financiers proposé par ailleurs par la banque en question, il est peu rentable. Sachant que la réforme instituant le crédit rechargeable permet à l’emprunteur de changer de banque pour obtenir leur recharge… En définitive, les banques se montrent bien plus mesurées que le gouvernement en ce qui concerne les retombées de cette réforme, et leur impact réel sur la relance de la consommation et la croissance.

