
vendredi 28 novembre 2008

Après un défilé interminable de ministres réclamant plus de clémence, la Banque centrale européenne propose un plan de relance européen.
C’est finalement mercredi dernier (le 26 novembre) que la Commission européenne à présenter un plan d’action contre la crise représentant la somme de 200 milliards d’euros sur deux ans. Mais si la Commission a fait le premier pas, un plan de relance économique à cette échelle ne pourra être possible que si tous les acteurs arrivent à s’accorder. Les discussions promettent d’être longues et agitées, mais tout de même sur la bonne voie.
Siégeant à Bruxelles, dans le bâtiment Berlaymont, la Commission européenne est l’une des trois principales institutions dont s’est dotée l’Union Européenne. Instituée par le traité de Rome de 1957, elle a pour principale mission de proposer et mettre en œuvre les politiques communautaires. Sa crédibilité et son autorité se justifient par son indépendance des gouvernements.
Mercredi 26 novembre, la Commission a donc présenté un plan de relance économique à l’échelle européenne pour contrer la crise économique qui sévit. Ce plan représentant la somme de 200 milliards d’euros sur deux ans soit 1.2% du PIB de chaque pays et 0.3% du PIB communautaire (soit tout de même 30 milliards d’euros). Le président au bureau bruxellois José Manuel Barroso a expliqué que « les périodes exceptionnelles appellent les mesures exceptionnelles ». Il souhaite intervenir avant que l’Europe de rentre dans un « cercle récessionniste vicieux avec baisse du pouvoir d’achat et des recettes fiscales, hausse du chômage et creusement ininterrompu des déficits budgétaires ». Un plan ambitieux qui s’accompagnera d’une application plus souple du pacte de stabilité pendant les deux ans que prévoit le plan de relance. On pourrait considérer que l’organe institutionnel se situe dans une démarche keynésienne puisqu’il préconise une augmentation de la dépense publique en faveur des ménages les plus défavorisés (allocations, subventions…). En échange, Bruxelles prévoit de simplifier l’attribution du fond social européen ainsi que du fond d’ajustement européen à la mondialisation. Ces deux fonds ont pour principale vocation de maintenir la cohésion sociale et économique au sein de la communauté.
En plus des recommandations générales, le plan suppose un approfondissement des objectifs, prioritaires de la stratégie de Lisbonne (l’axe politique européen). Ces initiatives stratégiques sont au nombre de dix et peuvent rapidement se résumer de la manière suivante : le soutien de l’emploi notamment par la réduction des charges sociales et l’amélioration de l’accès aux financements et la réduction du fardeau administratif pour les entreprises, des investissements dans la modernisation des infrastructures ainsi que l’efficacité énergétique des bâtiments, la promotion des produits verts, l’investissement dans la recherche et le développement, le développement des technologies propres dans l’automobile et la construction et enfin la promotion de l’Internet à haut débit pour tous.
Pour que l’efficacité au niveau européen soit réelle, la Banque centrale européenne doit elle aussi s’engager. En effet, la BCE est chargée de définir les grandes orientations monétaires dans la zone euro. Son président Jean-Claude Trichet a annoncé que l’institution basée à Francfort était « prête à baisser les taux directeurs ». C’est une agréable nouvelle, mais plus une surprise. En effet, depuis un mois, la BCE laissait entendre cette idée d’une nouvelle baisse possible des taux. Il ne s’agit donc plus que d’une confirmation. Mais certains responsables mettent en garde les gouvernements. Ils craignent le choix d’allègements fiscaux soit au-dessus des moyens des états et risquerait de creuser durablement les dépenses publiques. J.Stark, chef économiste de la banque centrale ajoute « un actionnisme fiscal augmente l’endettement de l’état et peut détruire la confiance dont les pays ont amèrement besoin ».
Du côté des états, les dirigeants cherchent des terrains d’entente. Ainsi, mercredi dernier, Angela Merkel, la chancelière allemande et Nicolas Sarkozy ont annoncés qu’ils étaient d’accord pour dire « qu’un point du produit intérieur brut européen est une bonne cible » pour un plan de relance européen. Le président de la Commission européenne propose que « les états membres s’accordent sur un plan de relance budgétaire qui soit temporaire et ciblé, applicable immédiatement ». La France et l’Allemagne semblent s’allier pour obtenir satisfaction : « Il reviendrait à chaque pays » au sein de l’UE de « construire son propre plan et de décider de son propre dosage, tout en privilégiant les mesures qui ont un impact aussi fort et aussi rapide que possible », demandent Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.
Pour que le plan de relance puisse être mis en place, il doit être approuvé par les 27 lors du sommet européen des 11 et 12 décembre. Espérons simplement que l’urgence de la situation pousse les dirigeants accepter des compromis. L’Union européenne n’est-elle pas d’abord la défense de l’intérêt général ? C’est une priorité qui a parfois du mal a être respectée quand les temps sont durs, chacun souhaitant bien sûr que ses problèmes soient perçus comme étant La priorité de l’intérêt général.

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