
jeudi 2 avril 2009

Le « métrophérique », le plan Camous, le Grand Paris et autres chantiers annoncés par François Fillon le 2 février dernier, sont certes des projets de grande envergure, un moyen parfait pou « laisser une trace de son règne », mais sont-ils des moyens efficaces de relancer l’économie ?
Le secteur français de la construction est sur la mauvaise pente. Les prix stagnent à la baisse, les promoteurs ne peuvent plus travailler faute de financements suffisants… et pourtant, ces prochaines années verront le paysage des grandes villes se transformer. Cette solution a été soutenue par quelque 200 maires présents au MIPIM. Ces derniers souhaitaient orienter le budget de relance accordé par l’État vers des projets qui vont décongestionner les villes et sauvegarder l’emploi, au détriment de projets de tours de bureaux pharaoniques.
De nombreux projets sont donc sur en discussion. Le problème est le suivant : le temps étant de l’argent, et dans le cas qui nous préoccupe le temps est également des emplois, il faut accélérer les mises en chantier. Un promoteur explique la chose suivante : « les délais d’obtention des autorisations et de montage des opérations se sont rallongés ces dernières années. Il faut trois fois plus de temps pour créer une zone d’aménagement concerté qu’il y quinze ans ». C’est pourquoi l’État a mis en place des mesures qui simplifient les appels d’offres et les procédures en générale. Autre accélération, l’annonce du Grand Paris par Nicolas Sarkozy qui aura lieu à la fin du mois, soit avec huit mois d’avance ».
L’État se choisit un rôle de locomotive de l’investissement
Les projets vont arriver, et vite ! La raison est toute simple, l’État rembourse par anticipation la TVA 2008 en 2009 pour les collectivités qui s’engagent à augmenter leurs dépenses réelles d’équipement. Cette enveloppe pèse quelque 2.5 milliards d’euros. Une autre enveloppe de 8 milliards d’euros se transformera en prêts sur fond d’épargne de la Caisse des Dépôts en faveur de projets ambitieux.
Si toutes ces aides sont nécessaires pour la survie la construction française, il reste à régler la question de la provenance de cet argent. Il viendra des impôts locaux qui seront augmentés de 5 à 9%. En cette période de crise, il semble paradoxal de sauver une part de la population pour en couler une autre.

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